Le Jeu de Peindre : du particulier à l’universel

“Agis dans ton lieu, le monde s’y tient.
Pense avec le monde, il ressort de ton lieu.”
(1)

Il y a plusieurs façons d’envisager le rapport entre individuel et collectif. Nous sommes habitués à une pensée logique, dualiste : soit l’individu s’affirme face au collectif, quitte à en sortir, soit il se plie à celui-ci et disparaît dans l’uniformisation générale. Il existe pourtant une troisième voie, assez évidente, qui est celle que la nature nous donne à voir : la diversité crée de fait un ensemble harmonieux, relié, où l’équilibre n’est pas synonyme d’opposition et de rigidification mais d’évolution concomitante et perpétuelle.

Lorsque l’individu a la possibilité de développer et d’exprimer les capacités qui lui sont propres, il participe au collectif de façon pleine et entière, individuel et collectif ne sont alors plus séparés et se rejoignent naturellement. Lorsque le particulier est accepté, respecté, favorisé, cela crée le contraire de l’uniformisation : une entente entre individus certes différents mais traversés par une nature commune, reliés par tout ce qu’ils ont en eux d’universel. Ceci n’est pas une pensée philosophique mais un constat suite à une expérience très concrète : sept années à m’occuper d’un atelier du Jeu de Peindre dans lequel une quarantaine de personnes de tous âges viennent peindre chaque semaine.

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  1. Édouard Glissant, Poétique volume V : La cohée du Lamentin, Editions Gallimard, 2005. []